« L’Uriopss et vous »: l’essentiel des actions et positionnements de notre union en Ile-de-France

En droit français, l’État se définit comme une autorité souveraine exercée sur un territoire et une population, selon une organisation sociale, démocratique et républicaine. Si la souveraineté appartient au peuple, elle repose sur la représentation, la délibération et l’organisation collective. C’est dans cet espace que les corps intermédiaires exercent légitimement leur rôle démocratique. Et nos associations, parce qu’elles sont capables de porter une expertise issue du terrain, se définissent un objet social et reposent sur une gouvernance démocratique, ne sont pas de simples opérateurs : elles sont des acteurs politiques au sens noble du terme, producteurs de lien social, de régulation et de sens collectif.
Or, nous assistons aujourd’hui à la montée en puissance de logiques de désintermédiation, qui font la promotion d’une relation directe entre l’État et l’individu, au détriment des organisations collectives. Présentée comme une modernisation de l’action publique, cette évolution peut en réalité fragiliser notre modèle démocratique. En court-circuitant les espaces de médiation, elle transforme l’expression individuelle en substitut de la délibération collective et affaiblit notre capacité à construire une vision commune de l’intérêt général.
La fragilisation budgétaire que connaissent aujourd’hui de nombreuses associations n’est donc pas seulement une question de gestion. Elle constitue un risque démocratique. Affaiblir les corps intermédiaires, c’est affaiblir la capacité de notre société à faire collectif. Et l’individualisation croissante des réponses sociales et la désintermédiation ne constituent pas nécessairement des progrès démocratiques. Elles peuvent être porteuses d’une fragilisation silencieuse du lien social.
Dans ce contexte, le rôle de notre réseau Uniopss / Uriopss, composé de ses adhérents et partenaires, est plus que jamais central. En structurant la parole associative, en produisant une expertise collective et en maintenant des espaces de débat et de représentation, nous contribuons directement à la vitalité de notre démocratie sociale.
Dans ce contexte, le 36e Congrès de l’Uniopss, les 31 mars et 1er avril 2026, prend une dimension éminemment politique. Face à la montée de l’individualisme et à l’affaiblissement des espaces collectifs, défendre les corps intermédiaires, c’est défendre une démocratie vivante, organisée et capable de faire société. Ce combat n’est pas corporatiste : il est profondément démocratique.
Cet édito est aussi l’occasion de vous adresser mes meilleurs vœux pour cette année 2026, en espérant vous retrouver à La Villette le 31 mars pour donner de la force à notre collectif.
Claire PARDOEN, directrice de l’Uriopss Île-de-France



