Chocolat noir, fruits rouges, régime méditerranéen : que dit vraiment la science sur notre mémoire ?
Régime méditerranéen, chocolat noir, fruits rouges… L’Observatoire B2V des Mémoires fait le point sur les liens établis entre nutrition et fonctionnement de la mémoire et démêle le vrai du faux.
Un organe très gourmand en énergie
Le cerveau pèse peu, mais il consomme beaucoup. Il ne représente que 2 % du poids corporel, mais il mobilise jusqu’à un quart des apports énergétiques issus de l’alimentation. L’alimentation constitue, notamment avec le sommeil et l’activité physique, l’un des piliers d’un cerveau en bonne santé. Des études cliniques et expérimentales chez l’animal s’accordent pour dire qu’une alimentation déséquilibrée, riche en lipides saturés et en sucres (correspondant à régime obésogène c’est-à-dire qui favorise l’obésité), a un effet délétère sur la mémoire.
Toutes les formes de mémoire ne réagissent pas de la même manière. Les mémoires qui dépendent de l’hippocampe, comme la mémoire épisodique, apparaissent particulièrement sensibles. Une alimentation déséquilibrée est donc surtout préjudiciable à cette mémoire des événements vécus. La vigilance est de mise à l’adolescence, période de fin de maturation du cerveau et notamment de l’hippocampe, hypersensible à notre environnement, en particulier alimentaire. Pour garantir de bonnes capacités de mémoire tout au long de la vie, c’est donc dès le plus jeune âge qu’il faut veiller à garder une alimentation aussi diversifiée et équilibrée que possible.
Le régime méditerranéen, référence scientifique
Selon les experts, aucun aliment ne peut à lui seul améliorer la mémoire ou freiner le vieillissement cérébral : c’est un ensemble de nutriments agissant en synergie, sur le long terme, qui peut induire un effet bénéfique sur notre santé cérébrale.
À ce jour, les données scientifiques plaident en faveur du régime méditerranéen. Ce régime est caractérisé par un apport important de céréales complètes, de poisson, de fruits et légumes, d’ail, d’oignon, par l’utilisation de l’huile d’olive comme principal corps gras, la consommation quotidienne de légumineuses, de noix et graines, de yogourt et de fromage, la consommation moyenne de poulet, d’œufs et d’aliments sucrés, très peu de viande rouge, et un apport calorique quotidien raisonnable.
Son effet protecteur sur le système cardiovasculaire est démontré et les mêmes nutriments pourraient concourir à limiter les lésions cérébrales vasculaires, retarder le déclin de la mémoire avec l’âge, voire diminuer le risque de développer la maladie d’Alzheimer.
Un carré de chocolat noir
La fève de cacao est riche en flavanols, des composés qui agissent positivement sur la cognition, le système immunitaire et la capacité d’apprentissage. Pas besoin de plonger dans une tablette entière, un petit carré de chocolat noir (à partir de 70% de cacao) suffit pour faire le plein de bienfaits. Oublions le sucre, ce sont bien les flavanols qui sont les vrais alliés de la mémoire. Le cacao, lui, apporte juste ce qu’il faut de plaisir et de bonne humeur.
Idée reçue : curcuma et fruits rouges
Le curcuma et les fruits rouges sont souvent présentés comme bons pour la mémoire. Aucune étude scientifique n’a pourtant démontré qu’ils améliorent l’encodage des informations, même si ces aliments sont riches en antioxydants.
La priorité reste une alimentation équilibrée et variée.
À propos de l’Observatoire B2V des Mémoires
Créé en avril 2013 par le Groupe de protection sociale B2V, l’Observatoire B2V des Mémoires étudie la mémoire sous toutes ses formes : individuelle, collective, numérique… Son Conseil scientifique réunit d’éminents chercheurs en neurosciences et sciences humaines. Les actions menées au sein de ce « laboratoire sociétal » visent à favoriser la prévention à travers deux grands axes : soutenir la recherche et diffuser au plus grand nombre les avancées de la science en vulgarisant l’information scientifique pour faciliter sa compréhension.
Pour ne citer que quelques actions menées par le fonds de dotation Observatoire B2V des Mémoires : la bourse doctorale ; la publication de livres sur le thème de la mémoire ; l’événement grand public La Semaine de la Mémoire ; les podcasts « Mémoire, dis-moi qui suis je ? » et « Tout sur la mémoire, le podcast »
