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22 % des Français déclarent avoir aidé régulièrement un proche en 2025

57 % des salariés aidants disent perdre en disponibilité… mais 81 % attendent un accord entreprise

Paris, 16 février 2026

L’agence HOW MUCH dévoile les résultats d’une nouvelle enquête nationale menée du 29 janvier au 6 février 2026 auprès de 3 204 personnes sur un sujet du quotidien encore largement invisible. Résultats : un décalage saisissant entre ce que vivent des millions de Français et ce qui se dit — ou ne se dit pas — au travail.

À la clé, une réalité plus massive qu’on ne l’imagine, des arbitrages personnels souvent silencieux, et une attente très nette de solutions concrètes… qui pourrait bien surprendre entreprises et décideurs.

« Les estimations parlent d’environ 5 millions de salariés aidants en France. Cela représente environ 7 % de la population française (sources Observatoire OCIRP 2025). Dans ce contexte, l’entreprise ne peut plus traiter l’aidance comme un sujet privé : c’est un enjeu d’organisation du travail, de prévention et de performance durable. Notre enquête montre une majorité de salariés aidants encore silencieux, mais une attente massive de solutions simples et activables vite — horaires flexibles, télétravail, congés et banque de jours. Un “accord aidants”, c’est d’abord un cadre clair, protecteur et confidentiel, pour éviter que l’aidance ne se transforme en décrochage professionnel. »

Sandrine Dorbes – Conférencière – Experte en stratégie de rémunération – Créatrice de « HOW MUCH »

Un adulte sur cinq est concerné par l’aidance

Environ 22 % des Français déclarent avoir aidé régulièrement un proche au cours des 12 derniers mois, dont 18 % encore en situation d’aidance actuellement.

Au cours des 12 derniers mois, avez-vous aidé régulièrement un proche (parents, conjoint, enfant, autre) pour une situation de dépendance, maladie chronique, handicap ou perte d’autonomie ?
Réponses Pourcentages
Oui, actuellement 18 %
Oui, mais plus maintenant 4 %
Non, jamais 76 %
Je ne sais pas / je préfère ne pas répondre 2 %

35 % des aidants accompagnent plusieurs proches en parallèle

On observe une aidance très souvent familiale et ascendante avec plusieurs proches concernés. Pour les aidants qui ne s’occupe que d’une seule personne, il s’agit principalement d’un parent et, dans une moindre mesure, d’un conjoint ou d’enfant, tandis que les grands-parents et autres proches restent minoritaires.

En tant que salarié.e aidant, qui aidez-vous principalement ?
Réponses Pourcentages
Un parent (père/mère, beau-parent) 23 %
Un grand-parent 4 %
Un conjoint/partenaire 16 %
Un enfant 12 %
Un autre proche (frère/sœur, ami, voisin…) 10 %
Plusieurs proches à la fois 35 %

Beaucoup de temps passé

Loin d’être ponctuelle, l’aidance est souvent régulière et conséquente : près de deux aidants sur trois consacrent au moins 6 heures par semaine (29 % entre 6–10h et 36 % au-delà de 10h), tandis qu’environ un tiers reste sur des volumes plus limités (35 % sous 5h).

En moyenne, combien de temps consacrez-vous à cette aidance (trajets inclus) ?
Réponses Pourcentages
Moins de 2 h / semaine 14 %
2 à 5 h / semaine 21 %
6 à 10 h / semaine 29 %
11 à 20 h / semaine 15 %
Plus de 20 h / semaine 21 %

« Génération sandwich » : êtes-vous concerné(e) ?

Une personne qui, au même moment, s’occupe d’au moins un enfant (ou jeune à charge) et aide régulièrement un parent âgé, un proche malade ou en perte d’autonomie fait partie de ce que l’on appelle la « génération sandwich ».

Cette tranche de la population représente plus d’un tiers des aidants concernés par l’aide à un parent âgé, soit environ 36 %. Autrement dit, parmi les aidants, une proportion importante cumule une double charge familiale : un ou plusieurs enfants et un proche dépendant.

En tant qu’aidant, avez-vous en plus un ou des enfants à charge (ou une responsabilité parentale quotidienne) ?
Réponses Pourcentages
Oui 36 %
Non 62 %
Je préfère ne pas répondre 2 %

L’aidance entraîne une perturbation fréquente du travail

Parmi les 3 conséquences principales : baisse de disponibilité/productivité à 57 %, télétravail accru à 33 %, et retards ou absences imprévues à 29 %.

Cependant, 38 % déclarent n’avoir aucun impact notable, ce qui suggère une réalité très polarisée : une majorité vit au moins un ajustement concret (organisation, temps, carrière), mais une part significative parvient encore à absorber l’aidance sans effet visible sur leur activité professionnelle.

Au cours des 12 derniers mois, l’aidance a-t-elle entraîné au moins une des situations suivantes ? (plusieurs réponses possibles)
Réponses Pourcentages
Retards / absences imprévues 29 %
Refus ou report de réunions/déplacements 16 %
Baisse temporaire de disponibilité / productivité 57 %
Réduction des heures / passage à temps partiel (même temporaire) 22 %
Demande ou augmentation de télétravail 33 %
Renoncement à une promotion / mobilité / mission 16 %
Aucun impact notable 38 %

Une situation minoritairement déclarée

Seuls 37 % avouent avoir signalé à leur employeur leur situation d’aidant (le plus souvent au manager) contre 61 % qui n’en ont parlé à personne. Cette sous-déclaration suggère un enjeu fort de confiance, de culture managériale et de lisibilité des dispositifs, car l’accès aux aménagements dépend souvent du fait d’oser (ou non) se déclarer.

Votre manager / RH connaissent-ils votre situation d’aidant(e) ?
Réponses Pourcentages
Oui, manager et RH 13 %
Oui, uniquement mon manager 19 %
Oui, uniquement RH 5 %
Non, je ne l’ai dit à personne 61 %
Je ne sais pas / pas applicable 2 %

Beaucoup de raisons pour ne rien dire

Les raisons de ne pas se déclarer relèvent d’abord d’un choix de frontière entre vie privée et vie pro pour 34 %, ainsi qu’un déficit de reconnaissance et d’information : près d’un quart ne se sent pas légitime (24 %), 21 % ignorent que l’aidance peut être reconnue en entreprise et 28 % ne connaissent pas les dispositifs existants. À cela s’ajoute un frein culturel et réputationnel marqué comme la peur d’être jugé à 23 %, l’impact sur leur carrière à 25 %, d’être perçu moins fiable à 19 %, et de la stigmatisation à 18 %. Autant de raisons qui expliquent que beaucoup préfèrent tenir sans rien dire tant que l’impact reste gérable (21 %).

Si non, pour quelle(s) raison(s) n’avez-vous rien dit ?
Réponses Pourcentages
Je veux séparer vie pro et vie perso 34 %
Je ne me sens pas légitime / je ne me considère pas “aidant(e)” 24 %
Je ne savais pas que ça pouvait être reconnu en entreprise 21 %
J’ignorais qu’il existait des dispositifs (congés, aménagements, aides, référent, etc.) 28 %
J’ai peur d’être jugé(e) / incompris(e) 23 %
J’ai peur que ça nuise à ma carrière (évolution, promotions, missions) 25 %
J’ai peur d’être perçu(e) comme moins fiable / moins disponible 19 %
J’ai peur qu’on me retire des projets intéressants ou des responsabilités 12 %
Mon manager / mes RH ne sont pas à l’écoute sur ces sujets 10 %
Je ne fais pas confiance à la confidentialité (peur que ça se sache) 11 %
Je n’ai pas eu l’occasion / je ne sais pas comment l’aborder 16 %
Ma situation est ponctuelle / instable, je préfère attendre 13 %
Je me débrouille sans impact sur mon travail (pour l’instant) 21 %
Je ne veux pas demander d’aménagements (horaires, télétravail, absences) 9 %
Je crains une stigmatisation (traitement différent, remarques, mises à l’écart) 18 %
Ça concerne un proche qui ne souhaite pas que j’en parle 7 %
J’ai déjà évoqué des difficultés mais sans parler d’aidance 9 %
Dans mon entreprise, il n’y a pas de politique claire / personne référente 14 %
Autre 4 %

Priorité à la souplesse au quotidien

Les mesures les plus visibles pour les salariés aidants sont celles qui jouent sur l’organisation du travail : près d’un sur deux cite le télétravail ou des horaires aménagés (45 %), devant les dispositifs de congés/don de jours (32 %) et le temps partiel flexible (24 %).

En parallèle, la diffusion reste inégale et parfois peu lisible : 18 % ne savent pas si des mesures existent, 22 % n’en connaissent aucune et 10 % déclarent qu’il n’y en a aucune, tandis que les dispositifs plus structurants (référent RH 14 %, soutien psy 12 %, aides financières 7 %) demeurent minoritaires.

Votre entreprise propose-t-elle au moins une mesure dédiée aux salariés aidants ? (Plusieurs réponses possibles)
Réponses Pourcentages
Télétravail facilité / horaires aménagés 45 %
Don de jours / congés spécifiques aidants 32 %
Temps partiel temporaire ou flexible 24 %
Accompagnement RH / référent aidants 14 %
Soutien psychologique / assistance (EAP) 12 %
Aides financières / avances / fonds de solidarité 7 %
Je ne sais pas 18 %
Aucune mesure à ma connaissance 22 %
Aucune mesure du tout 10 %

Des aidants aussi financièrement

Cette enquête montre que l’aidance a aussi une dimension financière tangible : 57 % des aidants déclarent au moins un coût ou une baisse de ressources, dont 21 % de dépenses jugées significatives (transport, soins, aide à domicile). À l’inverse, 41 % déclarent n’avoir pas eu besoin de mettre la main au porte-monnaie. La charge économique varie donc fortement selon l’aidant mais aussi la situation du proche, l’intensité de l’aide et le recours (ou non) à des dispositifs de prise en charge.

Sur les 12 derniers mois, l’aidance vous a-t-elle coûté de l’argent ou diminué vos ressources ?
Réponses Pourcentages
Oui, dépenses significatives (soins, transport, aide à domicile…) 21 %
Oui, un peu 36 %
Non 41 %
Je ne sais pas / je préfère ne pas répondre 2 %

Des situations très contrastées

L’aidance pèse surtout par des ajustements de court terme : 21 % citent en premier des congés/absences et 17 % une réduction du temps de travail, tandis que 12 % déclarent avoir refusé une opportunité (promotion, mission, mobilité) en raison de leurs contraintes d’aidance. Parallèlement, 26 % redoutent un impact futur sans conséquence concrète à ce stade, alors que 23 % n’observent aucun effet sur salaire ou carrière.

Parmi ces éléments, lequel vous concerne le plus ?
Réponses Pourcentages
J’ai refusé une opportunité (promotion, mission, mobilité) pour des raisons d’aidance 12 %
J’ai réduit mon temps de travail (donc mon salaire) 17 %
J’ai pris des congés/absences non rémunérées ou au détriment de jours de repos 21 %
Je crains un impact futur mais rien de concret encore 26 %
Aucun impact sur salaire/carrière 23 %
Je préfère ne pas répondre 1 %

81 % des aidants pour un accord entreprise et des mesures concrètes

L’attente d’un cadre formalisé est très forte : 46 % le veulent absolument et 35 % peut-être.

L’aidance est donc perçue comme un enjeu durable nécessitant des règles claires et des mesures activables rapidement. Le faible niveau d’opposition (17 %) suggère qu’au-delà des situations individuelles, l’accord est vu comme un levier collectif de sécurisation (temps, organisation, confidentialité) plutôt que comme un avantage à la carte.

Selon vous, votre entreprise devrait-elle mettre en place un “accord aidants” ?
Réponses Pourcentages

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