Santé des Séniors

10 aides que les retraités oublient de réclamer

Par Marc Mazière, fondateur du blog Radin Malin et expert de la consommation intelligente

Le budget de la Sécurité sociale pour 2027, présenté le 1er octobre, prévoit de ne plus revaloriser pleinement une partie des pensions. Tout le monde calcule ce qu’il va perdre. On parle beaucoup moins de ce que les retraités modestes pourraient toucher dès maintenant, et qu’ils ne réclament pas.

Je le vois dans ma propre famille. Mes parents, retraités aux revenus modestes, sollicitent chaque année le fonds d’action sociale de leur caisse de retraite. Chèques emploi service, remboursement des frais de mutuelle, coup de pouce sur les factures d’énergie, aide pour partir en vacances : au total, plusieurs milliers d’euros par an, obtenus en quelques clics. Pourtant, très peu d’anciens agents publics dans leur cas y font appel.

Le phénomène porte un nom, le non-recours, et il est massif. La dernière mesure de la DREES sur le minimum vieillesse porte sur 2016 : cette année-là, la moitié des personnes seules qui y avaient droit ne le touchaient pas. Cela représente 321 200 personnes, pour un manque à gagner moyen de 205 euros par mois, soit près de 2 500 euros par an.

Voici les dix aides que je conseille de vérifier, pour soi ou pour ses parents.

1. Le minimum vieillesse (ASPA)

En 2026, il complète les revenus jusqu’à 1 043,59 euros par mois pour une personne seule et 1 620,18 euros pour un couple, et il échappe au gel annoncé pour 2027. Le principal frein est connu : selon des enquêtes de la CNAV citées à l’Assemblée nationale, 67 % de ceux qui ne le demandent pas redoutent la récupération sur leur succession. Or rien n’est repris tant que l’actif net reste sous 108 586,14 euros en métropole. Sans maison de valeur ni épargne importante, la question ne se pose tout simplement pas.

2. La complémentaire santé solidaire

C’est l’effet domino de l’ASPA. Depuis avril 2022, un allocataire du minimum vieillesse qui n’a pas travaillé dans les trois derniers mois est présumé avoir droit à la complémentaire santé solidaire avec participation financière, sans avoir à redéclarer ses ressources. Une demande en débloque donc une autre : une mutuelle publique à petit prix.

3. L’action sociale de sa caisse de retraite

C’est celle de mes parents. Les caisses de retraite, de base comme complémentaires, consacrent un budget à l’action sociale pour leurs retraités modestes. Les aides varient d’une caisse à l’autre, et il faut en faire la demande. Pour mon père, ancien fonctionnaire affilié à la CNRACL, tout passe par son espace personnel en ligne. C’est vite fait quand on est à l’aise avec un ordinateur. Beaucoup moins quand il faut créer un compte, retrouver un mot de passe oublié ou saisir un code reçu par SMS, et c’est souvent là que tout s’arrête. Un enfant, un voisin, un petit-enfant peut s’en charger en un rien de temps. La mairie ou le CCAS peuvent aussi aider. Et à défaut, un coup de fil à sa caisse avec une question simple : « qu’est-ce que vous pouvez faire pour moi ? »

4. L’aide au retour à domicile

Après une hospitalisation, le régime général peut financer une aide temporaire à la maison pour les retraités encore autonomes. De quoi passer le cap des premières semaines sans tout payer de sa poche. Là encore, la demande se fait auprès de sa caisse.

5. L’allocation personnalisée d’autonomie (APA)

Dès 60 ans, en cas de perte d’autonomie, l’APA aide à financer l’aide à domicile ou l’accompagnement nécessaire. Elle se demande auprès du conseil départemental.

6. Le chèque énergie

Cette année, 4,5 millions de foyers l’ont reçu automatiquement au printemps. Les autres, s’ils sont éligibles, peuvent encore le demander en ligne ou par courrier jusqu’au 31 décembre 2026. Il va de 48 à 277 euros selon les ressources. Un retraité modeste qui n’a rien reçu cette année a tout intérêt à vérifier sans attendre.

7. Les APL

Le départ à la retraite fait souvent baisser les revenus. Un retraité locataire qui n’a pas refait de simulation sur le site de la CAF depuis peut passer à côté d’une aide au logement à laquelle il a désormais droit.

8. MaPrimeAdapt’

Cette aide de l’Anah s’adresse à toute personne de 70 ans et plus, sans condition de perte d’autonomie, sous conditions de ressources. Elle finance jusqu’à 70 % des travaux d’adaptation du logement, dans la limite de 22 000 euros hors taxes. Une douche de plain-pied, des barres d’appui, un monte-escalier : autant d’aménagements qui permettent de rester chez soi plus longtemps.

9. Les vacances à prix réduit

Mon coup de cœur, avec deux portes d’entrée. La première, ce sont les chèques-vacances à tarif réduit que proposent certaines caisses de retraite à leurs retraités modestes. Mes parents en commandent grâce au fonds d’action sociale de leur caisse, avec une remise de l’ordre de 30 % selon leurs revenus. La seconde, c’est le programme Seniors en Vacances de l’ANCV : les plus de 60 ans réservent une semaine tout compris à 484 euros maximum. Pour un foyer non imposable, une aide de 212 euros fait tomber la note à 272 euros. Certaines mairies organisent même des séjours de groupe dans ce cadre.

10. Les aides du CCAS

Dernier guichet, et pas le moindre : le centre communal d’action sociale de sa mairie. Transports, portage de repas, colis de fin d’année, aides ponctuelles… Les dispositifs varient d’une ville à l’autre, d’où l’intérêt de pousser la porte.

Une heure par an suffit

Pour s’y retrouver, le plus simple est de commencer par le simulateur officiel mesdroitssociaux.gouv.fr, qui passe en revue des dizaines de prestations en quelques minutes. Il ne remplace pas un appel à sa caisse ni une visite au CCAS, mais il donne une première idée. J’explique la démarche pas à pas dans mon article Comment savoir à quelles aides sociales vous avez droit.

Et si vos parents ne le feront pas seuls, faites-le avec eux : un avis d’imposition, une heure devant l’ordinateur, et parfois plusieurs centaines d’euros à la clé.

On ne choisit pas le montant de sa pension. On peut en revanche décider de ne plus laisser dormir ce qu’on nous doit.

Sources

DREES, « Le non-recours au minimum vieillesse des personnes seules », Les Dossiers de la Drees n° 97, mai 2022 · Assemblée nationale, proposition de loi relative au non-recours à l’ASPA (enquêtes CNAV) · CNAV, barèmes ASPA 2026 · PLFSS 2027, présenté le 1er octobre 2026 · Décret du 15 avril 2022 relatif à la complémentaire santé solidaire · Ministère de l’Économie, chèque énergie 2026 · Service-public.fr et Anah, MaPrimeAdapt’ · ANCV, Seniors en Vacances 2026 · Radin Malin, « Comment savoir à quelles aides sociales vous avez droit »

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