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Les aidants ne se reconnaissent pas comme aidants : le principal angle mort de l’accompagnement

Paris, septembre 2026 – À l’occasion de la Journée nationale des aidants,  Silver Valley. Premier pôle d’innovation européen dédié à la transition démographique, met en lumière un paradoxe majeur : alors que la question des aidants est désormais largement reconnue dans le débat public, les premiers concernés ne se reconnaissent pas nécessairement dans cette catégorie. Cette analyse s’appuie notamment sur les enseignements du livre blanc consacré aux aidants, réalisé par Silver Valley avec le soutien de Malakoff Humanis Agirc-Arrco. 

En France, 8 à 11 millions de personnes accompagnent régulièrement un proche âgé, malade ou en situation de handicap. Pourtant, beaucoup se présentent d’abord comme un conjoint, un fils, une fille, un parent ou simplement comme « quelqu’un qui s’occupe de sa mère ». Cette réalité change profondément la manière dont il faut penser l’accompagnement : le problème n’est pas seulement de proposer davantage de solutions aux aidants, mais de parvenir à toucher les personnes avant même qu’elles se définissent comme telles.

« Je m’occupe de ma mère » plutôt que « je suis aidant »

Le mot « aidant » peut sembler évident pour les professionnels, les institutions ou les entreprises. Il l’est beaucoup moins pour les personnes concernées. Les proches parlent rarement d’eux-mêmes comme des aidants. Ils parlent de leur relation et de ce qu’ils font au quotidien : accompagner leur conjoint, organiser les soins de leur parent, gérer les démarches ou trouver une solution après une hospitalisation. La plupart des gens n’ont pas conscience qu’ils sont aidants. Pour eux, s’occuper de leurs parents, c’est normal. 

Cette non-reconnaissance a des conséquences très concrètes. Elle rend les aidants plus difficiles à identifier, à quantifier et surtout à orienter vers les bonnes ressources. Certaines entreprises pensent ainsi ne compter aucun aidant parmi leurs salariés, avant de découvrir qu’ils représentent parfois 10, 20 voire 30 % des effectifs.

Le phénomène dépasse d’ailleurs le seul cadre professionnel : parmi les aidants accompagnant un proche depuis plus de trois ans, seuls deux tiers ont pris conscience de leur rôle d’aidant, selon le Baromètre des aidants du Collectif Je t’aide (2024).

Le véritable défi : répondre au besoin sans demander « êtes-vous aidant ? »

Pour Silver Valley, cette situation invite à changer de logique. Plutôt que de demander à une personne de se reconnaître dans une catégorie, les solutions les plus pertinentes partent de ce qu’elle cherche concrètement à résoudre.

« Le principal angle mort de l’aide aux aidants réside dans le manque d’accessibilité ou d’adaptation des prestations destinées à la personne aidée. Le rôle d’aidant n’est pas un choix spontané, mais la conséquence directe des carences du système de prise en charge. » affirme Romain Ganneau CEO de Silver Valley. 

Une personne ne va pas nécessairement chercher « une solution pour aidant ». Elle cherchera plutôt : une aide après le retour d’hospitalisation de son parent, une solution pour organiser les rendez-vous médicaux, une aide pour déménager un proche âgé, ou encore une solution pour maintenir son parent à domicile. Ce sont ces « signaux faibles » qu’il faut apprendre à reconnaître. 

Des entrepreneurs qui changent de vocabulaire… et de manière d’accompagner

Cette approche est déjà à l’œuvre au sein du réseau Silver Valley. Plusieurs entrepreneurs ont construit leur offre non pas autour d’une catégorie d’aidants, mais autour d’une situation de vie, d’un besoin ou d’un moment de rupture.

  • Teelda repense ainsi les vacances adaptées : plutôt que de séparer la personne aidée et son proche, la solution permet de partir ensemble et de continuer à vivre ensemble, en s’adaptant aux besoins de chacun.

  • Mamili propose une approche de la maison de retraite « à domicile », avec accompagnement et services coordonnés, afin de permettre à la personne âgée de rester dans son environnement.

  • Monka, de son côté, communique autour de situations concrètes : sortie d’hospitalisation, agendas médicaux, recherche d’établissement, isolement, plutôt qu’autour de la seule catégorie d’« aidant ».

  • Famirelay s’attaque à un autre angle mort : la coordination du quotidien. Les aidants bricolent encore souvent leur organisation à coups de Post-it, de fichiers Excel ou de conversations WhatsApp.

  • Et Prev&Care mise sur une sensibilisation continue au sein des entreprises, notamment grâce aux newsletters, webinaires et parcours d’intégration en lien avec les démarches RH et QVCT.

Ne plus demander aux aidants de devenir « aidants » pour pouvoir les aider

Derrière cette évolution s’en trouve une autre, plus profonde : la volonté des personnes de continuer à vivre leur vie, plutôt que d’entrer dans une nouvelle identité.

Beaucoup de personnes refusent de « perdre tout ce qu’ils étaient » en devenant aidants. Ils souhaitent continuer à fréquenter les mêmes lieux, les mêmes personnes et à partager leur quotidien avec leur proche, plutôt que d’être orientés vers des espaces spécialisés.

L’enjeu est donc moins de créer un « monde des aidants » supplémentaire que d’intégrer l’accompagnement dans la vie ordinaire. « Comme tout le monde, mais adapté » : cette philosophie traverse plusieurs initiatives du réseau Silver Valley, qui cherchent à proposer des solutions simples, discrètes et intégrées plutôt qu’à enfermer les personnes dans une catégorie.

Un changement de paradigme pour les acteurs de la Silver Économie

Pour Silver Valley, mieux accompagner les aidants implique donc de déplacer le regard : ne plus partir uniquement du statut de la personne, mais de sa situation réelle et de ses besoins. Une approche déjà à l’œuvre chez plusieurs acteurs du réseau, qui cherchent à répondre aux besoins des proches sans nécessairement les enfermer dans la catégorie d’« aidant ». Car mieux accompagner pourrait aussi commencer par là : savoir reconnaître une situation d’aidance, même lorsque la personne concernée ne se reconnaît pas elle-même comme « aidant ».

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*Le livre blanc consacré aux aidants, réalisé par Silver Valley avec le soutien de Malakoff Humanis Agirc-Arrco peut être transmis sur demande.

À propos de Silver Valley : 

Silver Valley est le premier pôle d’innovation européen dédié à la transition démographique. Il fédère plus de 230 organisations de la Silver Économie, filière transversale qui répond aux besoins et usages des seniors et de leur entourage. Un écosystème unique en Europe qui a pour objectif de préparer la société de la longévité, d’accélérer le développement et la mise sur le marché de solutions innovantes pour favoriser le mieux-vieillir, l’inclusion des personnes et générer croissance et emploi. A ce jour 4500 professionnels sont affiliés au cluster et Silver Valley a accompagné ou analysé plus de 2500 projets entrepreneuriaux dédiés au bien vieillir. Silver Valley porte également le principal prix d’innovation de la transition démographique, le Prix Silver Valley depuis près de 20 ans.

www.silvervalley.fr

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